Chronique de plus de cent ans de radio
Celui qui souhaite s’initier à la radioélectricité doit connaître au moins son histoire ainsi que ses bases essentielles. Une galerie de récepteurs de radio grand public et professionnels est présentée sur ce site, jalons d’une soixantaine d’années d’activité de l’industrie radioélectrique est présentée ici comme une introduction ludique à cette science révolutionnaire qui s’est mise au service des hommes en s’installant dans les foyers ou dans les entreprises, en devenant rapidement le vecteur le plus efficace de communication et d’information.
Il y a plus d’un siècle, avant la Première Guerre Mondiale, existaient déjà des transmissions de signaux horaires en radiotélégraphie (code Morse), en particulier à destination des bateaux pour faire le point. Seul un petit nombre d’amateurs avertis étaient capables de les écouter, à l’aide de postes rudimentaires, sans système d’accord et par conséquent non sélectifs et dont la sensibilité dépendait de la longueur de l’antenne qui atteignait parfois plus de 200 mètres de long.
Un arbre, un poteau, une cheminée convenaient pour amarrer une antenne filaire, mais un simple grillage, un fil de téléphone ou un fil d’éclairage étaient parfois suffisants pour écouter les signaux émis par la Tour Eiffel.
L’installation devint ensuite plus performante avec l’apparition des condensateurs variables et l’amélioration de la qualité des bobines, le circuit devint sélectif et l’on bénéficia du phénomène de résonance. La bobine de Oudin fut ensuite remplacée par le montage Tesla permettant de parfaire les couplages, tout en bénéficiant d’une meilleure résonance.
Mais on ne s’improvise pas radioélectricien et de nombreux ouvrages sur la radio étaient édités dans le même temps pour permettre de monter soi-même son poste à moindre coût.
Vers la fin de la Première Guerre Mondiale, lorsqu’un décret publié au Journal Officiel le 6 mars 1917, autorise les postes et télégraphes à délivrer aux particuliers une licence d’exploitation des appareils de signaux horaires et de télégrammes météo, la radio prend son envol en France.
Tous les établissements, publics ou privés, veulent bénéficier des renseignements diffusés par les stations radiotélégraphiques et les esprits curieux vont pouvoir se livrer à des expériences instructives.
L’évolution technique de la radio est liée à l’invention importante de l’américain Lee de Forest en 1906, la triode audion et ses propriétés amplificatrices. 
Reposant sur le principe de l’audion, les lampes de Télégraphie Militaire TM fabriquées en France deviennent moins rares à l’issue de la Première Guerre Mondiale et l’on peut désormais facilement s’approvisionner en pièces détachées pour fabriquer son poste.
Parallèlement, l’industrie radioélectrique professionnelle se développe pour le marché des communications militaires et civiles et dans les domaines maritimes et aéronautiques.
Le naufrage du Titanic qui, le 14 avril 1912, avait sombré suite à la collision avec un iceberg avait mis en évidence l'immense utilité de la radio pour la sécurité de la navigation maritime et aérienne.
En moins de 15 ans, la Télégraphie Sans Fil, autrement dit la T.S.F., avait franchi l'Atlantique, la téléphonie sans fil était née, la radiogoniométrie avait ses premières armes, tandis que la T.S.F. sauvait en mer de nombreuses vies humaines.
Le 26 novembre 1921 une impressionnante manifestation avait lieu et un grand banquet réunissait à l'Hôtel Lutétia à Paris, de nombreuses personnalités françaises et étrangères, à l'occasion des fêtes du centenaire du savant Ampère.
A l'heure des discours, le ministre des Postes se levant, donna la parole à la « Fée Electricité » et d'un massif de fleurs, où des techniciens avaient caché des haut-parleurs, jaillit l’hymne national, la Marseillaise, chantée à quelques dizaines de kilomètres dans une dépendance du grand poste de Sainte-Assise en Seine et Marne, par Mademoiselle Yvonne Brothier de l'Opéra Comique. Tous les invités se levèrent, et ce fut émouvant de voir cette élite de la science rendre un hommage spontané au nouveau progrès qui bientôt allait s'imposer. 
D'autre part étaient nées les émissions de l'Administration des P.T.T. de la rue de Grenelle et celles de la Tour Eiffel, organisées fin décembre 1921, avec le concours des Guitry (père et fils). Puis ce furent les émissions Radiola en 1922 effectuées par la Société Française Radioélectrique dont la station fut nommée Radio-Paris avec le célèbre speaker Radiolo (Marcel Laporte).
Vers 1924, les postes utilisaient le procédé très répandu de réception à réaction sur des postes à lampes extérieures et bobines interchangeables.
Mais l’appareil fonctionnait avec deux batteries d’accumulateurs et nécessitait une bonne antenne associée à une prise de terre efficace. Les années 1925/26 voient la mise sur le marché des lampes à faible consommation, versions améliorées de la TM, qui sont maintenant logées à l'intérieur du coffret.
Après les postes à amplification directe et à réaction, la technique du changement de fréquence (superhétérodyne) inventée en 1918 par Lucien Lévy, est adoptée en majorité par les industriels.
Des tubes dérivés de la triode de base, tels la bigrille, la tétrode et la penthode apparaissent.
Les diffuseurs des origines basés sur le principe de l’écouteur téléphonique sont remplacés par les haut-parleurs et parallèlement, avec la mise au point des cathodes à chauffage indirect en 1929/1930, l'alimentation totale peut être délivrée par le secteur alternatif 110V.
Les années 30 voient encore des améliorations notables qui ne sont pas sans évoquer encore aujourd’hui les principes : la commande unique, le contrôle automatique de gain, l’indicateur visuel d’accord etc.
La technique des lampes poursuit encore son évolution avec l'hexode (lampe à 6 électrodes), bientôt suivie par l'heptode (7 électrodes) et l'octode (8 électrodes) dont l'excellent fonctionnement aux fréquences élevées va favoriser l'apparition des Ondes Courtes.

Nous sommes déjà en 1935.
Mais les lampes, nommées dorénavant tubes électroniques, fruits de cinquante ans d’innovation, vont être supplantées dès le début des années 60 par les transistors bipolaires inventés en 1947 par les américains John Bardeen, William Shockley et Walter Brattain, chercheurs des Laboratoires Bell Telephone. Cette invention fut considérée comme un énorme progrès par rapport aux tubes.
Depuis son avènement en France en 1921, la radiophonie a été constamment perfectionnée en ce qui concerne les postes émetteurs. Dès les débuts, les émetteurs fonctionnent sur des fréquences très basses, en rayonnant des puissances colossales. Il n’est pas rare de rencontrer des émetteurs en radiotélégraphie de plusieurs millions de watts sur des fréquences parfois inférieures à 20 kHz pour les liaisons par l’onde de sol à longues distances (émetteurs à arc, puis alternateurs à pôles multiples). La radiodiffusion utilise également des fréquences très basses en modulation d’amplitude. Dans ce type d'émission, la modulation se retrouve dans les deux bandes de fréquences latérales, réparties autour de l’onde porteuse. Ce système simple sera employé universellement, encore pour de longues années, bien qu'il n’ait pas des performances remarquables en termes de rendement, mais aussi de fidélité de reproduction sonore. Dans les années 50, les ingénieurs préparaient déjà la seconde révolution de la radio ; en donnant à la transmission la qualité et la stabilité qui faisaient défaut aux techniques de diffusion AM, en présentant au monde un nouveau concept : la Modulation de Fréquence (FM), procédé innovant exploitant l’invention de l’ingénieur américain Edwin H. Armstrong en 1936. Le principe est différent du précédent, puisqu'on n'agit plus sur l'amplitude de l'onde porteuse, mais sur sa fréquence. Mais il y a un inconvénient majeur, car la transmission exige une bande de fréquences extrêmement large, et ne peut donc fonctionner qu’en très hautes fréquences (VHF). Dans les années 60 le réseau français des émetteurs à modulation de fréquence est en plein essor, dans la bande de fréquences de 88 à 100 MHz.
L’écoute en stéréophonie, déjà présente sur les microsillons et les magnétophones, devient également possible avec la transmission FM multiplex. La technologie devient plus complexe et réclame une approche méthodique et rigoureuse pour en comprendre et en manipuler les atouts et faiblesses, mais aussi des équipements plus sophistiqués.
La radiodiffusion AM en grandes ondes, dont la réception est relativement stable, de jour comme de nuit, est encore présente aujourd’hui, bien que se raréfiant. L’onde de sol diffuse l’émission sur un pays tout entier, grâce au rayonnement des antennes, étudiées pour avoir un rayonnement omnidirectionnel dans le plan horizontal et une atténuation maximum du rayonnement dans le plan vertical, vers l’ionosphère.
Bien que disparus aujourd’hui en France, les émetteurs en ondes hectométriques ou ondes moyennes (petites ondes) sont très utilisés de part le monde (Europe du Sud, Afrique, Amérique du Nord et du Sud), leur portée est de quelques centaines de km le jour, mais beaucoup plus importante la nuit à cause des ondes indirectes réfléchies sur les couches supérieures de l’ionosphère.
Ce sont les radioamateurs qui ont attiré, il y a plus de 90 ans, l'attention sur les propriétés particulières des ondes de longueur inférieure à 50 m et la facilité avec laquelle ces émissions sont reçues à de très grandes distances, avec une puissance relativement faible.
Malheureusement avec ces ondes, cette propagation à grande distance ne s'effectue pas d'une manière régulière, car la distance entre l'émetteur et le récepteur n'intervient pas d'une manière directe et absolue, mais dépend des couches ionisées dont la constitution varie suivant l’heure, l'activité solaire et les radiations ultraviolettes. Entre 1,5 et 6 MHz, c'est-à-dire avec des longueurs d'onde variant de 200 m à 50 m, l'onde réfléchie retombe à une distance relativement courte, ce qui assure une certaine continuité entre les zones couvertes par l'onde de sol et celles couvertes par l'onde réfléchie ; en conséquence, on n'observe pas ou peu de zone de silence. Par contre, pour obtenir des liaisons intercontinentales fiables entre 6 et 30 MHz (ondes courtes de 50 à 10 m), les émissions étaient diffusées simultanément sur deux ou trois fréquences différentes et le tableau des variations ionosphériques permettait d'assurer pratiquement une continuité de la diffusion des programmes.
Aujourd’hui au niveau commercial, maritime et aéronautique, les liaisons en ondes courtes ont été désertées au profit des liaisons par satellites en hyperfréquences (ondes ultra courtes), mais les radioamateurs poursuivent leurs exploitations toujours avec brio.
Omniprésence de la radio de nos jours :
-radiodiffusion AM-FM-DAB, TV.
-radio-guidages.
-pilotage à distance, radiocommande (drones, modélisme), télécommandes diverses.
-applications domestiques (portails, caméras, surveillances, commande de chauffage…).
-applications militaires, radars.
-communications satellites.
-téléphonie cellulaire.
-wifi.
-bluetooth.
-radio code.
ET VIVE LA RADIO!
Daniel Maignan/ station radioamateur F6HMT
(avril 2026)